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Tes travaux publicitaires démarrent vraiment en 1986. Souvenirs de tes débuts dans la pub ? Mes premières commandes de pub sont venues longtemps après tous mes contemporains qui étaient tous dans la ligne claire comme Serge Clerc, Chaland, Margerin, Floc'h… Ils étaient beaucoup utilisés dans la pub (par exemple pour la pharmacie) et c'est vrai, j'étais assez envieux de ça. Je me souviens d'ailleurs de cet ouvrage 'Objectif Pub' d'Alain Lachartre dans lequel je ne suis pas présent et où on retrouve tous les gens que je citais précédemment et qui étaient déjà tous très sollicités par la pub.
Après, c'est venu
doucement, j'ai décidé d'être représenté par Valérie Schermann qui avait
créé Prima Linea
et représentait quelques illustrateurs venant de la BD. Oui, il y a eu un
moment où j'étais très sollicité pour des ambiances de nuit et je pense
que c'était suite à la sortie de 'Barney et la note bleue' (Casterman
- 1987) où il y avait pas mal de trucs de néon, la ville la nuit et c'est
vrai que j'en ai fait beaucoup et que j'aime bien régler les lumières,
les reflets sur le macadam humide, etc...
Je pense que dès que l'on publie quelque chose, cela génère une nouvelle demande de pub. 'Barney et la note bleue' m'a par exemple amené à faire ces ambiances nocturnes, mais aussi beaucoup d'affiches de festivals de musique, de jazz.
J'ai ensuite publié 'Carnet de voyages' (Futuropolis - 1990) et je pense que c'est ça qui a donné lieu à une commande comme Pier Import : le côté exotique, voyage, Antilles, soleil.
La limite dans la pub, c'est qu'on est très souvent amené à reproduire des choses que l'on a déjà faites mais ce que j'aime c'est ce côté professionnel à qui on demande une prestation, qui doit être réalisée dans les délais, le mieux possible.
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Quelles sont les personnes impliquées dans un projet et quel est leur rôle ? Tout d'abord le client qui, en payant le travail, paye également la possibilité de diriger, voire de faire refaire le dessin, puis l'agence de pub, l'agent et l'auteur. Les clients sont, encore maintenant, plus sécurisés par une photo que par une illustration et le directeur artistique de l'agence a donc un vrai travail à faire sur ce point pour persuader son client. On est amené petit à petit à collaborer avec les mêmes directeurs artistiques, ce qui facilite les relations et le travail. L'agent, lui, va filtrer les demandes, négocier avec l'agence de pub ce qui me permet de ne pas être seul face à l'agence ou au client. En fait, le dessinateur ne connaît pas toutes les données économiques d'une campagne de pub car ce n'est pas directement lié au travail réalisé mais à la façon dont le dessin, l'image sont exploités.
Peux-tu nous parler de quelques projets non retenus, comme l'affiche du film 'Kika' de Pedro Aldomovar, et du sentiment de l'auteur par rapport à ce travail abouti qui reste dans les cartons ? C'était la première fois que je travaillais avec Stéphane Bielikoff qui est un très bon affichiste (césar de la meilleure affiche pour 'La petite voleuse'), j'étais content du résultat et déçu que ce ne soit finalement pas gardé.
Je pense également à d'autres travaux pour Porto Cruz, la Société Générale, Ford… qui ont fait l'objet de dessins aboutis et qui n'ont pas été retenus. C'est lié à des changements d'orientation qui font que le client préfère revenir au choix d'une photo ou à un autre type de projet.
'PUB & BD' : ton sentiment après 15 années de travail dans ce domaine ? La relation PUB & BD n'est plus d'actualité. Je suis utilisé par la pub comme un illustrateur et non comme un dessinateur de BD. Il y a des cycles, des moments où le dessin est plus ou moins utilisé, c'est par exemple quelque chose que l'on note quand on se ballade dans une ville et qu'on regarde les affiches.
Recueilli
par Dominique DANIEL à Paris
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©
2001 Dominique Daniel & Jacques de Loustal
toute reproduction interdite |
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